2021
10/Fév

L’online shaming

A la suite des différentes apparitions de hashtags comme #metoo, #balancetonporc, etc., nous apercevons, depuis plusieurs mois, un phénomène grandissant qu’est celui de l’online shaming ou social shaming.

Qu’est-ce que l’online shaming ?

Bien évidemment, vous aurez pu, aisément, traduire cela par « honte en ligne ». La terminologie est juste. Il s’agit ainsi d’afficher, de manière publique, les faits et/ou les agissements d’un individu et/ou d’une société en ligne et ce, généralement, sur les réseaux sociaux.

Comment fonctionne l’online shaming ?

Nous connaissons tous les sites d’avis en ligne comme par exemple le site Trustpilot ou bien encore les avis de Google, mais l’online shaming est une façon de partager son expérience par un levier différent.

En effet, presque toujours anonymes, les témoignages, parfois très détaillés, sont partagés via un compte sur les réseaux sociaux (#balancetonagence, #balancetastartup, etc.) qui permettent d’amplifier le message via un partage massif.

Ces témoignages sont, souvent, vérifiés avant d’être partagés et sont, encore plus souvent, corroborés par d’autres témoignages : la parole délie la parole.

Pourquoi l’online shaming ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette pratique en plein essor.

Il y a d’une part, la prise de conscience et l’éveil de la responsabilité des collaborateurs qui travaillent dans des sociétés qui peuvent avoir recours à des pratiques « douteuses ». Ces pratiques peuvent être de tous ordres, mais très souvent d’ordre managérial.

D’autre part, il y a envie de ne pas faire subir la situation vécue à d’autres personnes ce qui peut avoir un effet d’alerte auprès d’un candidat qui aurait aimé déposer sa candidature auprès d’une société « incriminée ».

Nous pouvons également citer l’envie d’un « appel à l’aide » de la part de l’émetteur du message. Celui-ci à un réel besoin d’écoute et de partage et il n’a très certainement pas trouvé de soutien au sein de son entreprise.

Enfin, il y a souvent l’envie de vouloir quitter son entreprise mais cela est une étape compliquée à entreprendre eu égard à la législation actuellement ne vigueur en France qui ne facilite pas forcément la mobilité sur le marché du travail et cela est d’autant plus difficile depuis ces derniers mois du fait de la crise de la Covid-19.

Quelles peuvent être les conséquences de l’online shaming ?

Les conséquences doivent être étudiées à deux niveaux : ceux au niveau du collaborateur et ceux au niveau de l’employeur.

Côté collaborateur, il peut y avoir un certain soulagement à partager son vécu, son histoire. Cela permettra également, dans certains cas, la mise en route d’un parcours, long, de reconstruction de l’estime de soi qui aura été miné par des semaines, des mois, des années de mauvaises pratiques managériales.

De plus, le fait d’avoir été écouté et surtout entendu par un tiers permet également d’obtenir un soutien pour les étapes d’après qui peut être la voie judiciaire afin de faire réparer un préjudice.

Ce soutien est d’autant plus important que la personne devra pouvoir reprendre confiance en elle et se dire « se n’est pas de ma faute, j’ai le droit de trouver un environnement moins toxique ».

Côté employeur, les conséquences peuvent être plus funestes… En effet, pensez avoir votre nom affiché dans des commentaires très désagréables… Pensez que ces commentaires, ces témoignages peuvent être lus par la presse, vos partenaires, vos clients, vos collaborateurs, vos financeurs, etc.. Vous risquez ainsi de perdre pas mal de chiffre d’affaires dans le cas où les faits seraient avérés et parfois même sans qu’il y ait une procédure judiciaire.

Comment se prémunir de l’online shaming ?

Il est assez compliqué de répondre à cette question car la source des faits qui peuvent être dénoncés sont multiples.

En effet, ils peuvent être des faits individuels, isolés, propagés par un seul collaborateur toxique ou bien par des pratiques de management au niveau de la globalité de la structure (« la direction doit être présente ou représentée » et ce, hélas, dans les mauvais aspects également avec une toxicité descendante).

Néanmoins, pour s’en prémunir, il faut sensibiliser l’ensemble de vos collaborateurs à la bienveillance et à la remise en question.

Bien évidemment, toutes les entreprises ne doivent pas ressembler à un épisode de « Winnie l’Ourson » mais il s’agit surtout d’éviter les dérives de comportements qui seraient préjudiciables à la bonne entente dans les équipes, à l’entreprise et à l’image qui peut s’en refléter.

Il faut savoir être à l’écoute de ses collaborateurs et éventuellement placer des relais d’alerte qui pourraient indiquer des problématiques dès leurs naissances afin de ne pas laisser certaines situations se gangréner.

Votre comportement, en tant que manager, se doit également d’être exemplaire. Ayez un langage positif, ne dénigrer pas vos collaborateurs (insultes, comportement, mots mal venus, etc.) car votre comportement sera copié et reproduit. Remettez-vous ainsi en question assez régulièrement et, dans le cas où vous êtes chef d’entreprise mais que vous n’avez pas le profil d’un manager, il vous faudra étudier la possibilité de déléguer ce rôle.

Mettez également en place des remontées terrains de manière régulière : cela peut être par le biais d’entretien, de questionnaire, d’audit, etc.. Cela vous permettra de mieux appréhender le climat social de votre entreprise et ainsi mettre en place les actions nécessaires !

Comment sortir d’une situation d’online shaming ?

L’indicible est arrivé, vous êtes victime d’une campagne d’online shaming. Comment faire pour vous sortir de cette situation ?

Vos clients vous demandent des comptes, vos partenaires vous questionnent, vos financeurs s’inquiètent…

Plusieurs actions s’offrent à vous.

La première, c’est naturellement de ne pas rester silencieux face à cette campagne et chercher à en savoir davantage. En effet, votre rôle en tant que chef d’entreprise c’est de vous assurer de la sécurité de vos collaborateurs et il vous faut ainsi savoir ce qui « cloche » au sein de votre entreprise.

Étudiez les témoignages, discutez avec le relais et identifiez la source du problème. Si le problème est spécifique et lié à un individu, il faut immédiatement diligenter une enquête et mettre ce collaborateur au ban de l’entreprise et ce que les faits soient fondés ou non.

Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une décision facile, mais c’est une décision qui enverra un signal positif aux personnes qui sont en train de faire une campagne d’online shaming de votre entreprise.

Vous pouvez tout naturellement associer le relais à votre enquête si cela peut vous permettre d’accélérer les choses et ainsi vous évitez de la mauvaise publicité.

Une fois l’enquête menée, vous aurez la possibilité de prendre des sanctions si les faits sont avérés. S’ils ne le sont pas, ce sera une autre paire de manche car il y aura toujours cette suspicion et ce doute planant comme un couperet sur votre entreprise.

Quoiqu’il en soit, il ne faut pas rester amorphe et il faut impérativement prendre le taureau par les cornes afin que cette problématique (réelle ou non au demeurant) ne se transforme en véritable cabale qui peut, dans le pire des cas, vous obliger à mettre la clé sous la porte !

 

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Yann Schimmer

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Atypique et passionné. Tels sont les adjectifs qui peuvent me caractériser. Baccalauréat scientifiqu

Yann Schimmer

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