2020
11/Sep

Drogman

Le terme « interprète » a eu de nombreuses variantes au fil de l’histoire. Parmi elles, il y a le mot « drogman » qui désignait une fonction particulière à l’époque de l’Empire ottoman. De nos jours, avec le mot « truchement », les deux désignations sont assimilées au traducteur-interprète. Cet article relate la particularité de ces appellations et l’histoire qui en découle.

Définition de Drogman ou truchement

Le mot Drogman est un terme qui signifie interprète dans les échelles du Levant. Autrement dit, il s’agit du nom attribué aux interprètes qui servait d’intermédiaire entre les Européens et les habitants du Proche-Orient. Mais dans un sens plus restreint, c’est l’appellation des interprètes notariées de la Porte Sublime avec les diplomates orientaux. Le terme est donc étroitement lié à l’ancienne civilisation de la Turquie.

Étymologiquement, drogman ou dragoman vient de l’italien dragomanno, qui découle du grec byzantin dragomanos signifiant « interprète ». En arabe, la sonorité s’approche de turgumān, proche de « truchement » qui porte aussi le même sens. Dans une signification plus moderne, Truchement ou trucheman est un terme qui prend le sémantisme d’intermédiaire entre deux ou plusieurs interlocuteurs. Dans des termes plus simples, il désigne la fonction de traducteur oral entre des personnes de langues différentes. Et dans un sens plus abstrait, truchement exprime le fait de comprendre ce qui n’a pas été dit verbalement.

Ces deux vocables sont alors des mots qui sont proches des termes : traducteur, interprète ou porte-parole. Ils sont la preuve de l’importance de la traduction dans les relations diplomatiques de l’histoire. Ces appellations ont gardé leur sens profond dans le domaine de la traduction de l’ère moderne.

Un peu d’histoire

C’est entre le XIIe et le XXe siècle que Drogman a été employé pour désigner le métier de traducteur au Proche-Orient. En 1665, il était le titre attribué au meneur des services diplomatiques de l’Empire ottoman. Et jusqu’au début du XIXe siècle, ce poste initial était tenu par les Phanariotes, des Grecs en provenance des Constantinople. À la fin de la carrière du grand Dogman, le titre de gouverneur lui était donné dans les contrées danubiennes.

Les ambassadeurs occidentaux ont toujours eu recours aux services des drogmans pour simplifier les échanges avec les autorités ottomanes. Généralement, ces traducteurs étaient composés de Grecs, des habitants d’Arménie ou encore des habitants du Levant. Par ailleurs, c’est pour éviter d’avoir recours à leur service onéreux et ambivalent que Colbert a fondé un établissement scolaire. Il s’agit de l’École des jeunes de langue à Constantinople bâtie en 1669 et qui fût aménagée plus tard à Paris. Cette institution existe encore de nos jours et elle est connue sous le nom d’Institut national des langues orientales vivantes. Et c’est vers la fin des années 1800 que la Grande-Bretagne a porté intérêt à la formation de leur drogman personnel.

Le truchement : un rôle majeur durant les premières expéditions

À cours de l’histoire, le truchement n’a été que très peu mentionné par les voyageurs. Pourtant, leur rôle a été crucial les historiens estiment que ces médiateurs ont permis de faciliter les échanges avec les autochtones. Tout comme le drogman à l’époque de l’Empire ottoman, le truchement a également joué un rôle central dans les échanges diplomatiques. Ce groupe de traducteur a surtout œuvré à l’époque de la colonisation par les Occidentaux.

D’après les récits, les marchands européens faisaient exprès de laisser des mousses auprès des peuples côtiers d’Afrique et d’Amérique. Leur objectif était que ces jeunes matelots puissent se familiariser avec les habitants natifs de l’endroit pour simplifier les échanges commerciaux. Mais surtout, ces personnes juvéniles avaient pour mission d’apprendre la langue de ces habitants. Ainsi familiarisées avec ces peuples indigènes, les communications devenaient plus simples.

Mais la tâche de ses traducteurs ne se limitait pas uniquement à la compréhension des dialectes des indigènes. Les truchements devaient également avoir les connaissances culturelles nécessaires en plus d’un savoir-faire politique pour les projets coloniaux. Ils ont alors beaucoup contribué à la création d’alliances entre les autochtones et les colons, tant politique que commerciale. Ces ressortissants traducteurs ont également joué le rôle d’éclaireur pour les colonisateurs. Grâce à leurs informations, il a été plus simple pour les envahisseurs de conquérir un territoire. En outre, le truchement a également œuvré dans les activités missionnaires de l’Église.

Conclusion

Le drogman et le truchement sont des termes similaires qui se rapprochent du sens de l’interprète. Pendant longtemps, le rôle du traducteur a été d’une grande importance pour la médiation entre différentes nations. Ils ne furent d’ailleurs pas que traducteurs, car ils sont également interprètes, porte-paroles, négociateurs et ambassadeurs tout au cours de l’histoire. Et c’est grâce à leur intervention que les frontières n’ont plus été un frein à la communication durant plusieurs siècles.

 

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